Ce jour, l’École Polytechnique recevait la visite du Président de la République.
Le dossier de Presse de l’événement, comme le discours du Président, sont explicites, priorité sera accordée aux transports :
Un sujet-clé : le transport
La réussite du cluster est toute entière conditionnée par l’exigence d’un saut qualitatif dans la desserte du plateau, aujourd’hui sillonné seulement par quelques lignes de bus, avec de faibles fréquences, faisant de l’accessibilité aux établissements du plateau un quasi-monopole de la voiture individuelle.
Le métro automatique rapide soumis au débat public à compter du 30 septembre, desservira le plateau entre les deux hubs que sont Versailles et Massy. Une fois réalisée, cette ligne permettra d’améliorer spectaculairement la proximité temporelle à Paris centre, à Orly et à Roissy. Ce métro devra s’articuler avec une desserte plus capillaire des pôles existants ou nouveaux du plateau, desserte qui se met en place dès aujourd’hui. Le projet prioritaire est ici la jonction est-ouest par un transport en site propre reliant Massy à Saint Quentin. Ce site propre existe déjà aux deux extrémités, de Massy à l’Ecole polytechnique, et dans la traversée de Saint Quentin. La réalisation du tronçon intermédiaire, de l’Ecole polytechnique au CEA, puis à l’entrée de Saint Quentin, est programmée pour 2013. Une extension à l’Est, en direction d’Orly, est également à l’étude. Un réseau Nord Sud de liaisons en site propre permettant de connecter le pôle de Courtaboeuf, Massy, la zone campus au sud du plateau, HEC, Jouy, Velizy et Satory-Versailles devra également être développé.
Dans un espace aussi vaste, il y a la question des déplacements entre les divers pôles. Cette difficulté m’a évidemment été signalée lors de chacune de mes visites. Et s’il est impossible de circuler sur le futur campus, il n’y aura pas de vie de campus, il n’y aura pas d’effet campus. C’est parfaitement évident.
Un système local de transport en site propre permet déjà de relier la gare du RER B de Massy-Palaiseau au campus de Polytechnique. C’est le fruit d’une bonne collaboration entre l’État, la Région et le département. Son extension vers l’Ouest jusqu’à Saint-Quentin en Yvelines, en reliant les autres pôles du futur campus de Saclay doit désormais progresser pour apporter une première solution à la lancinante question des transports sur ce territoire. Je comprends que le syndicat des transports d’Île-de-France a décidé de s’en saisir en association avec l’établissement public de Paris Saclay. La première phase des travaux doit déboucher d’ici 2013, je m’en réjouis pour ceux qui sont sur le plateau, comme pour ceux qui vont les rejoindre. L’État, je le dis, je l’annonce, sous le contrôle de Michel MERCIER, apportera son concours à ces travaux, à la condition que le calendrier soit tenu. C’est clair. C’est parfaitement clair. Le calendrier doit être tenu. Je ne laisserai pas abîmer le projet de Saclay par un retard pour des raisons que personne ne comprendrait d’ailleurs.
Je note que d’autres aménagements notamment routiers seront nécessaires pour que les investissements considérables que consent l’État sur le volet universitaire et scientifique de ce projet, soient efficacement connectés entre eux. Je veillerai à ce que l’État, comme les collectivités, apporte sa pierre à la réussite collective.
A terme, cette première solution d’un transport collectif en site propre à travers le plateau sera puissamment complétée par la création d’une gare du futur métro automatique, au cœur du campus. Vous savez, le grand métro automatique qui fera le tour d’Île-de-France. Il y aura une gare au cœur de vos campus. Elle permettra d’inscrire pleinement Paris-Saclay dans le projet du Grand Paris, dont a la responsabilité, Michel MERCIER.
Ces aménagements seront soumis dans les prochains jours au débat public, -donc on lance le débat public là-dessus comme l’ensemble du projet de double boucle, parallèlement d’ailleurs au débat public relatif au projet « Arc Express » porté par la Région. Je n’ai pas voulu de ces débats incessants qui empoisonnent la vie administrative de notre pays. Il y a l’Arc Express de la région, la double boucle de l’Etat. On met au débat les deux, allons-y. Pas de bataille politicienne sur un enjeu aussi essentiel.
S’agissant de l’arrivée du futur métro automatique sur le campus de Saclay, je ne méconnais pas les oppositions qui s’expriment à la réalisation de cette boucle : la boucle Versailles — Saclay — Massy. Mais pourtant, qui peut honnêtement imaginer que nous réalisions ici un campus d’ambition mondiale sans qu’il soit raccordé directement, c’est-à-dire en moins d’une demi-heure, au centre de Paris ? Je ne cèderai pas. On ne peut pas faire un campus mondial et être à plus d’une demi-heure du centre de Paris. C’est clair. Le centre de la capitale demeurera, en effet, et je tiens à le dire, un centre universitaire et de recherche de tout premier plan. Et encore une fois, élargissons notre esprit, Il ne s’agit pas de retirer à Paris, il s’agit de faire un campus mondial. Je ne veux pas déshabiller l’un pour habiller l’autre, je veux qu’il y ait plus pour notre pays. Il ne s’agit pas de déplacer ici toutes les écoles, toutes les universités, tous les laboratoires de Paris à Saclay, mais, au contraire, de donner aux uns et aux autres toute la place et l’espace nécessaires à leur meilleur développement. D’ailleurs on ne pourrait pas faire un campus de niveau mondial à Paris compte-tenu du prix au mètre carré, de la rareté du terrain, c’est une évidence.
Qui peut penser un instant que des dizaines de milliers de chercheurs, d’étudiants, de cadres puissent venir ici, sans que ce territoire soit relié à la capitale, aux gares et aux aéroports internationaux ? Qui peut imaginer sérieusement de laisser demain les centres de l’excellence universitaire scientifique française à plus d’une heure et demie de Roissy ! Faire un campus mondial et mettre une heure et demie pour aller à l’aéroport, quand le projet de double boucle pourrait nous permettre de diviser ce temps de parcours par deux ? Mais qui peut imaginer attirer ici de grandes entreprises multinationales sans leur garantir des liaisons rapides, fiables, permanentes jour et nuit avec tous les grands centres de décision français, européens et mondiaux. Il nous faut être cohérent : le campus de Saclay ne peut être qu’en prise directe sur le reste du monde. Et le plus tôt sera le mieux.
Je comprends les craintes, les oppositions. Mais en France il y a toujours des craintes et toujours des oppositions. Mai [sic] on va aller encore plus vite et Saclay se fera.